Délégationde Vendée

Au Secours Catholique, on fait ses courses pour 6 euros

Contribution symbolique  ? Oui certainement, mais selon les responsables du Secours Catholique de La Mothe-Achard, «  c’est important, car la non-gratuité doit contribuer à briser l’idée reçue de l’assistanat  ».

Marie-Rose Mornet, responsable de l'épicerie solidaire du Secours Catholique à La Mothe-Achard

publié en juin 2017

Article publié avec l’aimable autorisation de Ouest-France :

Pas plus de 12 € par jour

« Chez nous, rien n’est gratuit, mais cela reste très raisonnable ! », affirme Rose-Marie Mornet, responsable de l’épicerie solidaire du Secours catholique, à La Mothe-Achard. « Ici, une famille dans le besoin, composée de trois personnes, peut remplir son chariot avec 6 €. »

Ce ne sont que quelques euros et pourtant le budget est ultra-serré chez les bénéficiaires de l’aide alimentaire. « Après avoir payé le loyer, les charges en eau et en électricité, il ne doit pas rester plus de 12  € par jour, pour une personne, pour prétendre être aidé par le Secours catholique ! »

Avec ces 12  €, reste à se nourrir, s’habiller, se déplacer, et même payer certaines taxes… Tout en tentant de garder l’esprit entier. Un esprit prêt à affronter les arcanes de l’administration et du marché du travail . Voilà à quoi s’attaquent les bénévoles du Secours catholique.

Cette année, une quarantaine de familles sont aidées. C’est comme l’an dernier. Et on retrouve les mêmes profils  : des familles monoparentales, des adultes vivant une séparation, des retraités, de plus en plus de jeunes et des salariés en travail précaire. L’équipe contrôle leur situation régulièrement, car les conditions d’admission sont fermes. «  On fait le point tous les trois mois  », assure une bénévole.

Mais il y a tout le reste…

L’aide alimentaire est vitale, mais personne ici n’est dupe : « Cela ne suffit pas ! » Ainsi, les transports, une nécessité pour travailler et aussi, simplement, pour aller jusqu’au Secours catholique, au local situé dans les anciens bâtiments de la CCPA, zone d’activités, près de 20 km pour les plus éloignés du canton. « Ils se débrouillent parfois entre eux. Parfois, ils viennent tout simplement à pied. »

La convivialité est le levier essentiel : se parler. « Le café est un moment que nous voulons privilégier. » Puis, bientôt ce sera le sapin de Noël. « On a invité toutes les familles aidées, nous comptons sur une trentaine d’enfants ! », annonce Monique Ballanger en couvrant d’un papier cadeau un des nombreux jouets en dépôt.

Mais l’accompagnement social est difficile tant le regard est ressenti comme intrusif, blessant. « Nombreux sont ceux qui viennent à reculons », reconnaît-on.

Des bénévoles très motivés

« Nous sommes près d’une cinquantaine de bénévoles », annonce Rose-Marie, partagés entre ceux qui s’occupent du transport des victuailles, ceux qui préparent l’accueil ou encore ceux qui cultivent le grand jardin, spécialement dédié aux légumes pour l’épicerie.

L’équipe est soudée. Ancienne, quelques arrivants viennent s’y accrocher. Comme Monique, son bénévolat « casse l’isolement tout en se sentant utile ». Et Ludivine « a été sensible au travail de collecte alimentaire à la sortie des magasins ».

Un dévouement inconditionnel qui n’entrevoit pas toujours l’aboutissement : « Un trop fort pourcentage de familles aidées est encore là depuis des années », admet Rose-Marie Mornet.

Article Ouest-France, 10 décembre 2016

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