Délégationde Vendée

Les Sables-d’Olonne

Trop de dons de vêtements inutilisables

Submergée, l’antenne sablaise de l’association ferme son espace vêtements durant tout le mois de février au moins, pour trier. Mais trois quarts des dons reçus ne seraient pas en état d’être proposés.

Secours Catholique

À l’intérieur du local du Secours catholique des Sables-d’OIonne, l’espace vêtements occupe la grande pièce. Les étagères sont actuellement pleines à craquer. « Et encore, on n’a pas encore tout trié », constate Étienne Ricour, coresponsable de l’antenne avec Alix Tesson, qui poursuit : « Comme on était fermés durant le reconfinement, les gens ont eu le temps de ranger leurs placards ! »

En décembre 2020 et janvier 2021, les dons de vêtements ont explosé. Face à cette vague, l’antenne s’est résolue à ne plus prendre de dons durant l’ensemble du mois de février, minimum, histoire de faire le tri.

« Nous n’avons pas de laverie ou de petites mains »

Problème : « Les trois quarts des dons reçus ne sont pas utilisables en l’état, avance Étienne Ricour. On n’a pas vocation à être une déchetterie. Nous ne prenons que les vêtements qui peuvent être directement mis sur un cintre. Nous n’avons pas de laverie ou de petites mains pour réparer et recoudre.  » Ce qui n’est pas pris est donné à Emmaüs, avec qui collabore le Secours Catholique, où d’éventuelles retouches peuvent être opérées. Sinon, direction le recyclage.

« La charge de travail est énorme pour nos bénévoles, explique Alix Tesson. Ça part souvent d’une bonne intention mais parfois, certains sacs sont à la limite du respect. » La coresponsable tient néanmoins à préciser que « dans beaucoup de cas, le Secours Catholique reçoit des vêtements lavés, parfois même repassés  ».

À cause du contexte sanitaire et de la moyenne d’âge de ses bénévoles, l’association a vu son effectif passer de cent vingt à quatre-vingt personnes actives. Cette réduction explique également la décision de ne plus prendre provisoirement de dons. «  Il faut qu’on veille à faire souffler nos bénévoles, note Étienne Ricour. La situation sanitaire entraîne de la tension. C’est très pesant. » Comme cet homme qui a balancé ses sacs au visage de bénévoles lui notifiant que l’antenne ne prenait plus de dons...

« C’est difficile à vivre de ne pas être respectés alors qu’on vient pour rendre service gratuitement, remarque Alix Tesson. On préfère se dire que c’est de la confusion. Mais ça marque les esprits. Il faut un minimum de respect pour les bénévoles et nos bénéficiaires. » Parmi les pièces manquant régulièrement à l’antenne figurent les vêtements pour enfants de 3 ans et plus, et du matériel scolaire, comme des cartables.

Et Étienne Ricour de rappeler  :« Des dons propres et pas trop usés, utilisables immédiatement. L’espace Vestiaire est très important pour nous. On ne fixe pas de prix mais les participations financières reçues nous permettent de financer nos autres activités à destination des personnes en difficulté.  »

Thibault Burban. Ouest-France 10/02/2021

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