Délégationde Vendée

Se contenter dans la simplicité

Dans Carte Blanche le mardi matin, sur RCF, François Soulard nous partage sa réflexion : Se contenter dans la simplicité !

Se contenter dans la simplicité

La société actuelle peut nous entraîner tous dans un tourbillon d’informations, d’incitations à la consommation, à l’accumulation de biens, de savoirs et même de relations par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Mais à un moment donné, l’accumulation ne cesse-t-elle pas de nous faire du bien ?

Je prendrai en exemple l’obsession de certaines personnes à prendre des photos : dans les réunions de familles, dans les voyages, lors des fêtes d’anniversaires ou de simples sorties entre amis. On voit même des photographes qui n’écoutent plus les explications du guide, qui ne participent pas à la discussion ou à la fête pour pouvoir fixer des images… Et que va-t-il se passer ? Ils accumulent des photos qui vont aller mourir dans leur ordinateur. Je ne parle même pas du droit à l’image qui limite, à bon droit, l’exploitation de nombreux clichés.

Nous vivons dans une société toxique : elle nous incite à acheter, à posséder, à accumuler, et puis au bout d’un moment, elle nous pousse à jeter, non pour notre bien, mais pour faire de la place afin d’acheter autre chose, parce que ce que nous avions jusque là ne se fait plus, n’est plus à la mode, ou que c’est périmé, voire obsolète. De là au désencombrement, savoir trier, savoir éliminer et donc être capable de définir ses besoins de façon précise. Le vrai riche, ne serait-il pas celui qui n’est pas avide de superflu ?

Celui qui vit dans l’opulence et veut encore davantage sera toujours pauvre.

Le philosophe Alexandre Jollien écrit :« Apprendre à bien utiliser la poubelle, cet instrument de libération, prend du temps », « Jeter, abandonner, participe de la mort, de la peur, d’où la tentation de tout conserver. »

S’il nous est nécessaire de simplifier notre bagage matériel, le renoncement n’est pas une privation, mais une liberté. On peut étendre ce nécessaire désencombrement à bien d’autres domaines, entre autres, à celui de nos pensées, lorsque nous réalisons que nous sommes entrain de ruminer, de nous « prendre la tête », de nous angoisser, etc …

Selon Christophe André : «  Il en est de même, en matière de vie, que de l’esprit : la liberté c’est d’utiliser toutes les capacités. »

Pas seulement la merveilleuse faculté de notre esprit à faire des projets ou à songer au passé, mais aussi la capacité à habiter et à savourer pleinement le présent, et tous les instants uniques qu’il nous offre. C’est merveilleux et vertigineux de comprendre cela et encore plus de le pratiquer. Certains utilisent des outils de méditation de pleine conscience, pour être plus en capacité de percevoir le présent, pour ne pas se laisser embarquer par le flot continuel de nos pensées qui nous entrainent du passé au futur en oubliant l’instant présent.

Car souvent, l’instant présent nous ramène à l’essentiel, et nous dit : « Toute ta vie se déroule ici et maintenant… » C’est aussi ce qu’écrivait Goethe à sa manière plus poétique : « Alors, l’esprit regarde ni en avant ni en arrière. Le présent seul est notre bonheur. »

Savourer l’instant présent et se laisser désencombrer de nos pensées et de l’accumulation des biens n’est-ce pas un chemin qui se rapproche d’une certaine sobriété libératrice de l’encyclique du pape François ? Le présent seul est l’essence de notre vie.

François Soulard, délégué diocésain

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